Livres-1

Bientôt les fêtes. Les chaussures au pied du sapin. Les embrassades à minuit sous la boule de gui.

Plutôt que de dribbler les banques à la Cantona en entassant vos économies dans une lessiveuse, sous un matelas ou dans un bas de laine, honorez d’un cadeau vos supérieurs, vos clients, vos fournisseurs et les élus politiques qui président à votre bien-être. Bref, tous ceux et celles auxquels vous attache un puissant lien de subordination.

Courber l’échine, posture bien commode pour manier la brosse à reluire et cirer les bottes, ne suffit pas.

Je vous prends par la main et vous indique un choix de livres, qui ne sont pas des perdreaux de l’année littéraire mais dont la diversité s’ajustera aux personnes auxquelles vous les destinez.

En se calant sur la chronologie, le premier est L’Apocalypse de Saint-Jean.

Quel dommage que ce texte ne soit pas au programme de l’agrégation de lettres classiques, ni non plus à celui des lycées et collèges ! Certes, ce sont surtout les quatre cavaliers qui sont connus chevauchant des chevaux respectivement blanc, rouge-feu, noir et verdâtre, qui symbolisent la peur, la guerre, la famine et la mort.

Mais le texte à clé contient un message dont le décryptage est éclairant. Vous saurez, sans nul doute à quels puissants décideurs l’envoyer afin qu’ils en fassent leur miel.

 Livres-2

Le suivant est Le dictionnaire des idées reçues, de Flaubert.

La « morale » à tirer de sa consultation tient toute entière dans une lettre que l’auteur adressait à Louise Collet alors qu’il peinait sur le manuscrit : « Il faudrait qu’une fois qu’on l’aurait lu, on n’osât plus parler, de peur de dire une des phrases qui s’y trouvent. »

Ah, si les destinataires de ce petit livre pouvaient se clouer le bec, j’en commanderais un conteneur et me ruinerais en frais d’affranchissement !

Livres-3Le troisième s’intitule Fantasia chez les ploucs. Ecrit par un américain, Charles Williams, numéro 400 de la Série Noire ( NRF ),  sous le titre original The diamond bikini, l’action met en scène des protagonistes passablement déjantés.

Faut-il vous faire un dessin  et vous donner la solution de la devinette, à savoir « Qui sont les ploucs ? »

Enfin, dernier élément de ce quatuor, dont les notes constituent une subtile harmonie, en dépit de l’apparente cacophonie, La conjuration des imbéciles ( A confederency of dunces ), de John Kennedy Toole, lui aussi américain,

Farce ? Comédie ? Dans quel genre ranger cet ouvrage qui ne trouva d’éditeur qu’en 1980, après le suicide de l’auteur ? A mes yeux, c’est un torrent dévastateur qui devrait nous débarrasser de certains personnages.

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