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Les trains indonésiens et indiens présentent des points communs : wagons bondés à craquer, passagers agrippés aux marche-pieds ou juchés sur les toits au risque de leur vie.

Pour mettre bon ordre dans des habitudes jugées dangereuses par la SNCF indonésienne, des dispositifs mécaniques ont été installés au début du mois. Des balais trempés dans un mélange putride fouettent les squatters perchés sur les wagons. 

        A Hanoi, la police a confisqué dans un restaurant la carcasse d’un tigre classé « espèce en voie de disparition », Nguyen Thi Tank, le chef, avait fait cuire la bête pour fabriquer un baume vendu comme anti-douleur 1000 euros les 100 grammes.

        En début d’année,un riche homme d’affaires chinois de la province du Guangdong est mort après avoir partagé avec deux de ses associés un ragoût de chat dans lequel ceux-ci avaient ajouté des feuilles de Gelsenium elegans. En dépit de son qualificatif flatteur, cette herbe n’a pas son pareil pour vous faire trépasser élégamment. Les deux compères auteurs de cette cuisine du diable avaient eux aussi été hospitalisés mais ne furent que légèrement intoxiqués n’ayant prudemment avalé que quelques cuillerées.

        En Corée du Sud, la chirurgie esthétique est un secteur qui marche et qui attire clientes et clients chinois et japonais. Panneaux publicitaires sur le flanc des bus, multiples enseignes racoleuses notamment dans le quartier chic d’Akpujong, cette activité s’étale ostensiblement.

Jusqu’ici, les chirurgiens se contentaient des rectifications assez mineures : donner du volume aux seins,

débrider les paupières, « occidentaliser » le nez, Une étape est franchie avec l’ostéotomie des deux maxillaires. Les os sont coupés – en haut, à l’horizontale, en bas, à la verticale, côtés gauche et droit -, une partie est enlevée ainsi que quelques dents et on raboute avec attaches et vis.

Après une anesthésie totale de huit heures, le visage est remodelé.

Prudentes, car des loupés mortels se produisent, les cliniques font signer une décharge de responsabilité,

 

P.S. helvétique,

 

Ce grand raout qu’est le Forum écononomique mondial ( appellation bien vaniteuse retenue par les organisateurs ) s’est tenu à Davos, fin janvier.

Bien que l’altitude de cette station huppée soit faible – 1500 mètres -, les invités, « grands » de la politique ou des affaires ainsi qu’une vingtaine de people divers ( Qu’allaient faire dans cette galére l’évêque sud-africain Desmond Tutu et un cardinal ghanéen ? ), ont manqué d’oxygène car les propos tenus ne volèrent pas haut.

Et pourtant le ticket d’entrée pour les auditeurs est de 71.000 US $, hors frais de transport et d’hébergement.

Un nombre respectable de têtes d’affche, présentes l’an dernier, avaient été priées de rester chez elles, ce qui reflète le flair des responsables du casting et leur vista à long terme.

Matasaka Shimzu, le japonais, qui avait déclaré que sa société, Tokyo Electric Power, était en mesure de fournir de l’électricité en quantité suffisante en respectant l’environnement. C’était avant Fukushima.

George A. Papandreou, feu le P, M. grec, qui avait rassuré l’assistance sur la solvabilité de son pays.

Rebekah Brooks, la flambloyante CEO d’une société de presse de l’empire Murdoch, accusée par la justice anglaise d’avoir intercepté des conversations téléphoniques privées pour mettre le feu aux chroniques de ses tabloids.

Dominique Strauss-Kahn, pour avoir oublié un portable dans un salle-de-bains.

Seif al-Islam el-Quadafi, fils de qui vous savez, aujourd’hui emprisonné, qui avait été sacré « World Economic Forum Young Gobal Leader » aux motifs qu’il était respectueux des droits de l’Homme et ouvert aux réformes politiques.

Rajat K. Gupta, ancien directeur de Goldman Sachs, inculpé aus USA pour de graves infractions du type « col blanc ». En 2011, il était présent en qualité de Président de la Chambre de Commerce Internationale.

A Davos et quoiqu’en dise l’Office suisse du Tourisme, les pistes sont glissantes et la chute de pardonne pas.

AVIS AUX BRAQUEURS !

Le bouchon de carafe que Richard Burton avait offert à Liz Taylor vient de changer de mains, pour une enchère de 8,818 millions  $ dollars.

Ce caillou qui pèse 33,19 carats, soit 6,63 grammes, a été acquis par la société coréenne E. Land ( galeries marchandes, vêtements, … ), qui l’utilisera comme attraction dans le Parc à thème qu’elle gère à Daegu, une grosse ville industrielle du sud de la péninsule.

Sic transit gloria mundi …

Seoul, Monbae-dong.

ENCORE UNE RECONNAISSANCE DE PATERNITE

Ils ont pratiquement tout inventé: la boussole, la poudre à canon, …

Un anglais excentrique, le comte de Sandwich, a légué son nom à un en-cas qui lui permettait de se nourrir sans abandonner sa place à la table de jeu; un français, Antoine Quinquet, à un modèle de lampe à huile, mais c’est encore une fois un chinois qui, semble-t-il, a créé un des piliers de la gastronomie asiatique: le sushi, au début de notre Moyen-Age occidental. 

Comme c’est beau de laisser son nom à ce genre de descendants et de passer à la postérité via les papilles !

Le créateur de ce plat ne peut être , en effet, que Su Shi ( 1037-1101 ), surnommé L’ermite de la pente de l’Est, qui avait plusieurs cordes à son arc et de nombreux poils à son pinceau. Considéré comme un des grands lettrés de la dynastie des Song, homme politique, peintre, calligraphe, il fut expert dans le maniement d’une forme littéraire particulière: la commémoration, c’est-à-dire la rédaction d’un texte court, destiné à être gravé sur une stèle, à l’occasion, par exemple, de la construction d’un bâtiment officiel ou d’une maison particulière.

En dépit d’un emploi du temps fort chargé, il eut cependant le loisir de mettre au point ce curieux objet de gastronomie, qu’est cette tranche de poisson cru, sommant un dôme de riz gluant,  que livrent maintenant à domicile les scooters pétaradants de la société Planet Sushi, à un li de chez moi.

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Bientôt les fêtes. Les chaussures au pied du sapin. Les embrassades à minuit sous la boule de gui.

Plutôt que de dribbler les banques à la Cantona en entassant vos économies dans une lessiveuse, sous un matelas ou dans un bas de laine, honorez d’un cadeau vos supérieurs, vos clients, vos fournisseurs et les élus politiques qui président à votre bien-être. Bref, tous ceux et celles auxquels vous attache un puissant lien de subordination.

Courber l’échine, posture bien commode pour manier la brosse à reluire et cirer les bottes, ne suffit pas.

Je vous prends par la main et vous indique un choix de livres, qui ne sont pas des perdreaux de l’année littéraire mais dont la diversité s’ajustera aux personnes auxquelles vous les destinez.

En se calant sur la chronologie, le premier est L’Apocalypse de Saint-Jean.

Quel dommage que ce texte ne soit pas au programme de l’agrégation de lettres classiques, ni non plus à celui des lycées et collèges ! Certes, ce sont surtout les quatre cavaliers qui sont connus chevauchant des chevaux respectivement blanc, rouge-feu, noir et verdâtre, qui symbolisent la peur, la guerre, la famine et la mort.

Mais le texte à clé contient un message dont le décryptage est éclairant. Vous saurez, sans nul doute à quels puissants décideurs l’envoyer afin qu’ils en fassent leur miel.

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Le suivant est Le dictionnaire des idées reçues, de Flaubert.

La « morale » à tirer de sa consultation tient toute entière dans une lettre que l’auteur adressait à Louise Collet alors qu’il peinait sur le manuscrit : « Il faudrait qu’une fois qu’on l’aurait lu, on n’osât plus parler, de peur de dire une des phrases qui s’y trouvent. »

Ah, si les destinataires de ce petit livre pouvaient se clouer le bec, j’en commanderais un conteneur et me ruinerais en frais d’affranchissement !

Livres-3Le troisième s’intitule Fantasia chez les ploucs. Ecrit par un américain, Charles Williams, numéro 400 de la Série Noire ( NRF ),  sous le titre original The diamond bikini, l’action met en scène des protagonistes passablement déjantés.

Faut-il vous faire un dessin  et vous donner la solution de la devinette, à savoir « Qui sont les ploucs ? »

Enfin, dernier élément de ce quatuor, dont les notes constituent une subtile harmonie, en dépit de l’apparente cacophonie, La conjuration des imbéciles ( A confederency of dunces ), de John Kennedy Toole, lui aussi américain,

Farce ? Comédie ? Dans quel genre ranger cet ouvrage qui ne trouva d’éditeur qu’en 1980, après le suicide de l’auteur ? A mes yeux, c’est un torrent dévastateur qui devrait nous débarrasser de certains personnages.

IDEOGRAMMES ET CARICATURES

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Chacun sait que l’on peut  parler le mandarin sans savoir l’écrire ou comprendre le sens des idéogrammes chinois sans savoir les prononcer. Apprendre cette langue est un travail à plein temps : deux manuels sont nécessaires, l’un qui s’intitule Comprendre et parler, et le second, Lire et écrire.

Heureusement, point n’est besoin de maîtriser un nombre respectable de caractères pour se tenir au courant de l’actualité de la Chine.

La lecture d’un quotidien en anglais, le China Daily, y suffit.

Et, point n’est besoin non plus de maîtriser cette langue pour saisir, comme pour une bande dessiné sans phylactère, la température politique et les problèmes du jour : il suffit de regarder des caricatures, dont la liberté de trait traduit la latitude qui est laissée aux journalistes, ou que ceux-ci s’octroient.

C’est cent fois plus instructif que d’écouter Raffarin, sinologue et sinolâtre autoproclamé, qui dans une récente émission télé avec Calvi sur le thème de la Chine, enfilait allègrement perles et lieux communs. Ce fin connaisseur de l’Empire a dû limiter ses investigations à une visite rapide et encadrée sur le Bund, à Shanghaï. Ses truismes ressemblent à s’y méprendre à cette assertion de l’anglais qui, débarquant pour la première fois à Calais, et apercevant une française rousse, en inférait que toutes le françaises étaient pareillement pourvues.

Cruelle cette caricature qui traite, en vrac, de la question de l’urbanisation galopante, de l’appropriation des sols, des expropriations, de la spéculation foncière, de la bulle immobilière en cours de constitution, de la protection des espèces menacées, du rythme de développement des économies ( le modeste marteau-piqueur versus la robuste pelle mécanique ), des droits de l’homme ( les casques de chantier contre l’arrogant cigare ).

Le dessin tient de l’aphorisme et du haïku, qui ramasse dans un raccourci, et forcément à gros traits, de lancinantes questions. La morale est clairement et publiquement affichée : mieux vaut être une oie en Angleterre qu’un modeste habitant d’un bourg du Jiangsu. Sévère coup de canne en bambou sur la tête de certains hiérarques !

china daily 2Le seconde caricature pourrait être sous-titrée L’embarquement pour Cythère, en hommage à Watteau. A ceci près que la destination n’est une île de rèves et de plaisirs. Ces banquiers chapeautés de la City invitant un chinois d’opérette tout droit sorti des Cigares du Pharaon à monter dans une barque qui va affronter le violent clapot de la mer du commerce international et des taux de changes variables, et à se saisir d’une rame,  c’est la Chine à la croisée des chemins, et l’esquif n’est pas une jonque.

Gros pétard éclatant dans les pieds des responsables politiques !