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L’EURO A LA GRECQUE

La Grèce est bien dans la Zone Euro : jetez un coup d’oeil sur les billets émis par la BCE !

A côté de la valeur faciale, figure le nom de la monnaie, sous deux alphabets, celui des 16 pays adhérents,  avec les voyelles et les consonnes qui nous sont familières, mais aussi , et avec la même taille de police, celui des Hellènes.

L’effacement de la moitié de la dette grecque entraînera-t-il une réduction à due concurrence de la dimension des caractères ?

Ce serait justice.

Nos voisins, leurs armateurs et leurs popes qui habitent dans des niches fiscales  dorées, possèdent leur Illiade sur le bout des doigts, notamment le passage sur le cheval de Troie. Quelques siècles après, c’est sous la parure de comptes et bilans faux et truqués qu’ils ont pu abandonner le drachme pour l’Euro,  pénétrer dans la Zone du même nom et y importer les désordres que l’on connaît.

Les dirigeants européeens de l’époque auraient dû avoir le même pressentiment funeste manifesté par Laocoon, à la vue de ce cheval de bois:  » Timeo Danaos et dona ferentes « , soit  » Je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux.  » Hélas, ses compatriotes demeurèrent sourds à ses mises en garde.

La version triviale et moderne de notre irritation et de notre indignation, pour copier  S. Hessel,  peut prendre la forme de la lapidaire exclamation  » Va te faire voir chez les Grecs ! ».

 

 

 

Gaston, Nino et le téléphon qui son

 Piégé par son portable !

S’il n’avait pas appelé le Sofitel, alors qu’il se rendait en taxi à  l’aéroport JFK, D.S.K. serait alors au chaud, Place des Vosges entouré de tableaux de maîtres, ou à Marrakech respirant des effluves épicées, car la France n’extrade pas ses ressortissants.

Las !

Gaston – c’est là son premier prénom –   doit fredonner mécaniquement, telle un scie qui vous trotte dans la tête,  le tube de Nino Ferrer « Eh ! Gaston, y’ a le téléphon qui son, et y’a jamais personne qui répond. »

Pourquoi, diable, a-t-il abandonné ce prénom  jadis en vogue, et maintenant un tantinet ridicule – ça fait un rien  valetaille ! -, que ses parents lui avaient attribué et choisi le second sur la liste donnée à l’état civil ?

Un président de la république, Doumergue, en fut bien affublé. Ce qui eût été prémonitoire et de bonne augure.

Certes, la presse de l’époque le familiarisa en  Gastounet, lui qui fut le premier président à convoler en cours de mandat,  avec une femme dont il aurait pu être le père, brune et riche,  mais qui réduisit considérablement le train de vie princier du Palais.

Un auteur – Caillavet – associé à Robert de Flers, se prénomma aussi Gaston : les deux compères passèrent à la postérité en coécrivant des comédies légères et boulevardières, avec soubrettes et ménages à trois ou plus, si affinités.

Tout comme Calmette, le directeur du Figaro, que madame Caillaux, femme du ministre des finances,  révolvérisa en 1914 de crainte que le journal ne  publie  des lettres d’amour qu’elle jugeait compromettantes.

Gaston : il est vraiment des prénoms prédestinés.

Comme en droit maritime international, le pavillon couvre la marchandise.

                                          

 

MELECHON: mot-valise, chimère ou descendant de Melanchton ?

 

Entre la chimère et le mot-valise, c’est-à-dire entre l’assemblage baroque d’un zoologiste dément et le mécano hétéroclite d’un philologue imaginatif, la différence est bien mince.

Jean-Luc MELENCHON, le fou noir – celui qui est situé à gauche sur l’échiquier – est d’abord le télescopage de deux mots  mélancolie et ronchon, à une voyelle près.

Sa mine , grise et triste,  et sa lippe boudeuse portent toute la misère du monde et de la mondialisation, sans que sa gouaille et le ton de sa voix viennent tempérer ses imprécations.

Sa mélancolie affichée, qui n’a pas la densité du spleen baudelairien, est aggravée par une bonne dose de ronchonneries, confortant son allure de rouspéteur et de mauvais coucheur.

Mais MELENCHON pourrait tout aussi bien être le nom d’une nouvelle chimère, ce monstre mythologique qui jette du feu par la gueule et est pourvu d’une tête et d’un poitrail de lion, d’un ventre de chèvre et d’une queue de dragon, tant il apparaît que cette chimère politique  emprunte ses attributs à divers animaux, vivants ou disparus, du bestiaire électoral, tels que G. Marchais, de Villiers et Chevènement.

A moins qu’ayant perdu un T en route, pour des raisons d’euphonie, notre MELENCHON descende du MELANCHTON qui, au XVI ème siècle, joua un rôle majeur dans la diffusion des thèses de Luther et fut tout le contraire d’un joyeux drille et d’un boute-en-train. Luther le gratifia de ce compliment : » Ce que Philipp Melanchton écrit a des mains et des pieds, a de l’autorité et de la gravité. »                                     Il suffit de regarder les portraits que firent de lui Dürer et Cranach pour se convaincre que ‘ notre ‘  MELENCHON est porteur de chromosomes hérités de cette branche généalogique.

CESAR, LILIANE, LES WILDENSTEIN ET ERIC

 

Quelle tétralogie, qui laisse sur place les trinités de Pagnol et d’Alexandre Dumas !

Et pourtant, leurs écheveaux sont infiniment plus emmêlés que ceux de la triviale affaire ELF, qui ne rassemblait que barils de brut, frégates non armées, bottier italien,  une ingénue et quelques soudards.

Dans le cas présent, l’intrigue s’alimente chez les meilleurs et les plus anciens tragiques et puise chez les Atrides. Les gros sous n’en sont que la partie émergée. La famille et l’arbre généalogique, avec ses boutures et ses greffes, ses branches mortes, ses rejets sauvages et ses maladies en constituent le noyau.  

Les bâtons de dynamite sont reliés au cordon bickford et le détonateur aux explosifs.

La fille de Madame Bettencourt, animée de sentiments complexes vis-à-vis de sa mère, s’est érigée en allumeuse d’un pétard et a commencé à mettre le feu aux poudres.

Chez les César, tout comme chez les Wildenstein, ce sont les secondes épouses qui se crêpent le chignon avec les descendants de branches collatérales et menacent de tout faire sauter.

Le métal et le crottin de cheval remplacent les crêmes hydratantes, mais les uns et les autres se valent bien !

La brigade financière est chargée des enquêtes.

Que ne laisse-t-elle l’initiative, à l’image de ce qui se passe dans certaines séries policières américaines, à un romancier ou à un bon connaisseur de l’inconscient, plus aptes  à descendre dans les arcanes des motivations  et à analyser ces situations tortueuses  ?

En ces temps de rigueur budgétaire, la Justice y gagnerait à tous coups.

MECANIQUE

Le procureur Courroye qui tire un fil de l’écheveau balzacien de la saga Bettencourt, tandis que sa collègue Prévost-Desprée a saisi un autre fil au risque, telle un chaton joueur, d’emmêler la pelote, est-il aux ordres du pouvoir élyséen qui, lui, tirerait les ficelles d’une marionnette ?

L’on en débat à perte de vue.

Or, l’évidence est là, à portée de main. A ce point éclatante qu’elle éblouit et, de la sorte, se masque.

Le narrateur, dans La lettre volée, de Poe, a vu ce que les multiples investigations du policier Dupin n’avaient pas décelé. La lettre recherchée est à hauteur d’oeil, offerte, étalée, disponible.

Le jeune enfant, dans le conte d’Andersen, Le costume neuf de l’Empereur, a perçu la supercherie dont le monarque a été l’objet de la part de son tailleur qui lui a vendu fort cher une étoffe qui n’est que du vent, et proclame la vérité : celle de la nudité impériale .

Dans l’Affaire, point n’est besoin d’aller loin. Le patronyme est le fil d’Ariane: le procureur est…une courroie ( de transmission).