Domenech: l’homme qui a lu les classiques chinois

Trois Royaumes

La défaite, sur coup de pied arrêté, devant la 84ème équipe de foot ? Un coup prémédité et mûri, élèment d’une stratégie élaborée depuis de longs mois, dont les 11 joueurs chinois ont été les complices ultimes.

Quoi de plus finaud et astucieux que de simuler la faiblesse et l’impuissance afin d’attirer à coups sûr les futurs adversaires dans un piège, leur faire prendre des vessies pour de ballons et, au final, décrocher la coupe du vaiqueur ?

Fin lettré, Domenech a lu l’un des épisodes les plus célèbres de l’Epoque des Trois Royaumes ( 220 à 280 ), qui vit l’affrontement, en Chine, du Royaume de Shu et de celui de Wei.

Pour assurer la subsistance de ses troupes, le général Zhuge Liang et ses 2.500 hommes prirent possession de la ville de Xicheng, où se trouvait entreposée une grande quantitté de vivres.

Mais, à peine était-il arrivé qu’il fut encerclé par l’armée de Wei, soit 15.000 hommes sous l’autorité de Sima Yi

Zhuge Liang mit alors en oeuvre une ruse qui passa à la postérité : il ordonna aux habitants d’enlever les drapeaux qui flottaient sur les murailles et fit ouvrir en grand les quatre portes où se postèrent des soldats habillés comme des paysans. Lui-même sinstalla au sommet de la plus haute tour et s’assit, entouré de jeunes garçons pour jouer du luth et respirer les fumées d’encens.

Les éclaireurs envoyés pas Sima Li décrivirent à leur chef cette scéne paisible et idyllique. Flairant le piège, l’entourloupe et l’embuscade meurtrière concoctés par un adversaire dont la prudence était proverbiale, le général donna l’ordre à ses troupes de battre en retraite et d’évacuer le terrain.

Voilà le fil rouge de la stratégie de Domenech : le kong cheng, soit « le stratagème de la ville vide » qui consiste à duper un adversaire plus puissant que soi en affichant une feinte candeur et à provoquer de la sorte une réaction qui conduit à une victoire « par défaut ».

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