Gaston, Nino et le téléphon qui son

 Piégé par son portable !

S’il n’avait pas appelé le Sofitel, alors qu’il se rendait en taxi à  l’aéroport JFK, D.S.K. serait alors au chaud, Place des Vosges entouré de tableaux de maîtres, ou à Marrakech respirant des effluves épicées, car la France n’extrade pas ses ressortissants.

Las !

Gaston – c’est là son premier prénom –   doit fredonner mécaniquement, telle un scie qui vous trotte dans la tête,  le tube de Nino Ferrer « Eh ! Gaston, y’ a le téléphon qui son, et y’a jamais personne qui répond. »

Pourquoi, diable, a-t-il abandonné ce prénom  jadis en vogue, et maintenant un tantinet ridicule – ça fait un rien  valetaille ! -, que ses parents lui avaient attribué et choisi le second sur la liste donnée à l’état civil ?

Un président de la république, Doumergue, en fut bien affublé. Ce qui eût été prémonitoire et de bonne augure.

Certes, la presse de l’époque le familiarisa en  Gastounet, lui qui fut le premier président à convoler en cours de mandat,  avec une femme dont il aurait pu être le père, brune et riche,  mais qui réduisit considérablement le train de vie princier du Palais.

Un auteur – Caillavet – associé à Robert de Flers, se prénomma aussi Gaston : les deux compères passèrent à la postérité en coécrivant des comédies légères et boulevardières, avec soubrettes et ménages à trois ou plus, si affinités.

Tout comme Calmette, le directeur du Figaro, que madame Caillaux, femme du ministre des finances,  révolvérisa en 1914 de crainte que le journal ne  publie  des lettres d’amour qu’elle jugeait compromettantes.

Gaston : il est vraiment des prénoms prédestinés.

Comme en droit maritime international, le pavillon couvre la marchandise.

                                          

 

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