IDEOGRAMMES ET CARICATURES

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Chacun sait que l’on peut  parler le mandarin sans savoir l’écrire ou comprendre le sens des idéogrammes chinois sans savoir les prononcer. Apprendre cette langue est un travail à plein temps : deux manuels sont nécessaires, l’un qui s’intitule Comprendre et parler, et le second, Lire et écrire.

Heureusement, point n’est besoin de maîtriser un nombre respectable de caractères pour se tenir au courant de l’actualité de la Chine.

La lecture d’un quotidien en anglais, le China Daily, y suffit.

Et, point n’est besoin non plus de maîtriser cette langue pour saisir, comme pour une bande dessiné sans phylactère, la température politique et les problèmes du jour : il suffit de regarder des caricatures, dont la liberté de trait traduit la latitude qui est laissée aux journalistes, ou que ceux-ci s’octroient.

C’est cent fois plus instructif que d’écouter Raffarin, sinologue et sinolâtre autoproclamé, qui dans une récente émission télé avec Calvi sur le thème de la Chine, enfilait allègrement perles et lieux communs. Ce fin connaisseur de l’Empire a dû limiter ses investigations à une visite rapide et encadrée sur le Bund, à Shanghaï. Ses truismes ressemblent à s’y méprendre à cette assertion de l’anglais qui, débarquant pour la première fois à Calais, et apercevant une française rousse, en inférait que toutes le françaises étaient pareillement pourvues.

Cruelle cette caricature qui traite, en vrac, de la question de l’urbanisation galopante, de l’appropriation des sols, des expropriations, de la spéculation foncière, de la bulle immobilière en cours de constitution, de la protection des espèces menacées, du rythme de développement des économies ( le modeste marteau-piqueur versus la robuste pelle mécanique ), des droits de l’homme ( les casques de chantier contre l’arrogant cigare ).

Le dessin tient de l’aphorisme et du haïku, qui ramasse dans un raccourci, et forcément à gros traits, de lancinantes questions. La morale est clairement et publiquement affichée : mieux vaut être une oie en Angleterre qu’un modeste habitant d’un bourg du Jiangsu. Sévère coup de canne en bambou sur la tête de certains hiérarques !

china daily 2Le seconde caricature pourrait être sous-titrée L’embarquement pour Cythère, en hommage à Watteau. A ceci près que la destination n’est une île de rèves et de plaisirs. Ces banquiers chapeautés de la City invitant un chinois d’opérette tout droit sorti des Cigares du Pharaon à monter dans une barque qui va affronter le violent clapot de la mer du commerce international et des taux de changes variables, et à se saisir d’une rame,  c’est la Chine à la croisée des chemins, et l’esquif n’est pas une jonque.

Gros pétard éclatant dans les pieds des responsables politiques !

Une réflexion au sujet de « IDEOGRAMMES ET CARICATURES »

  1. Hle

    Ah JP Raffarin ! Il aurait pu servir de modèle à Bouvard ou Pécuchet … et si Roselyne était un homme elle pourrait compléter le binôme.

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