LA CHASSE AU GARDE-CHASSE

La chasse au garde-chasse vient de connaître un nouvel épisode, celui de son retour en cage, entraînant dans son sillage deux personnes qui l’ont  nourri et hébergé après son alexandredumastesque évasion.

La mise en cabane de deux de ses amis surprend et étonne : le motif est le recel de malfaiteur.

Si la future Cour d’Assises acquitte Treiber, l’intime conviction des jurés n’étant pas emportée par les témoignages et les arguments du Procureur, le terme de « malfaiteur » apparaîtra, après coup, bien insultant, et l’incarcération des « complices » fort précipitée.

Suffit-il d’être derrière les murs pour muter et devenir « malfaiteur » ?

Bien que le Procureur, dans ses interventions télévisées donne à l’ex-évadé du « Monsieur Treiber », long comme le bras, quelle n’a pas dû être la pression à laquelle il fut soumis de la part de la Chancellerie !

Les bandes vidéos des caméras de surveillance, filmant l’échappé, se promenant peinardement le nez au vent, étaient autant de pieds de nez au déploiement policier, hommes et chiens mis dans le même sac et à l’armée de profileurs et de psys passant au crible les missives, afin d’y démêler le signifié et le signifiant, le bon grain et l’ivraie, le vrai et le faux.

L’évasion, la belle, l’échappée belle, c’est la provoc majeure, le coup de pied au cul des « gardiens » de l’Ordre.

D’où cette réaction disproportionnée, sauf à utiliser la détention provisoire comme un instrument de torture destiné à arracher des aveux sur d’autres « complicités ».

Reste, bien sûr, la mort de deux jeunes femmes et la douleur de leur famille, qui vient d’être réveillée et avivée par ces péripéties  rocambolesques.

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