LA COMPETITION SCOLAIRE AU PAYS DU MATIN CALME

Dans la quiétude des vacances, TELERAMA se livre à une enquête, dans divers pays, sur les pratiques d’enseignement.

Quelle bonne idée d’avoir replacé dans le contexte culturel sud-coréen les résultats flatteurs de l’étude PISA qui évalue les élèves du secondaire dans le monde et range ce pays dans le peloton de tête des têtes bien pleines…voire bien faites !

La course au succès scolaire est, en effet, au coeur du système éducatif de cette société et les cours particuliers ( hagwon ) de tous ordres, et fort coûteux, sont entrés dans les moeurs, et ce, dès le plus jeune âge, générant un fructueux marché.

L’objectif final est de décrocher la meilleure place au concours d’entrée dans les Universités, qui, à l’instar de nos grandes écoles, sont classées selon une stricte hiérarchie plaçant au premier rang l’Université de Séoul, à elle seule l’ENA + Normale Sup. + HEC/ESSEC + l’X et Centrale.

Sortir de cette prestigieuse structure, c’est avoir la peau d’âne en or, qui, si vous êtes un garçon, fera de vous un produit de premier choix lors de la négociation de votre mariage, la promise étant alors dans l’obligation d’amener un patrimoine conséquent. D’un côté, les neurones. De l’autre, les wons.

Pour doter les chères têtes uniformément noires du bagage intellectuel suffisant, c’est donc le rythme des  prépas françaises les plus cotées dès le CE1, sachant que les jouets du bébé sont déjà choisis en fonction de leur potentiel éducatif.

Chaque jour,  des mini-bus sillonnent les ruelles et ramassent les bambins pour les conduire qui au cours d’anglais, qui à celui de taekwondo, qui à celui de maths, qui à celui de piano, car aucune discipline n’est laissée en friche.

Plus âgé, le lycéen trouvera refuge dans des salles de lecture, publiques ou privées : des box minuscules hébergent jusqu’à une heure avancée ces stakhanovistes du savoir et du QCM, jusqu’à une heure avancée de la nuit, pour potasser et réviser, et…dormir sur le sol, enveloppé dans un sac de couchage.

Ho Chol CHOI a croqué avec ironie et tendresse dans un ouvrage paru en 2008, intitulé La ligne circulaire Ulchiro, des scènes de la vie du séoulite (séoulais, séoulien, séoulois, séoulard… ?). Ces deux illustrations résument deux moments du système éducatif de cette petite péninsule frappée d’hémiplégie, comme le fut l’Allemagne pendant de longues années.

Pour ma part, j’adore, au premier plan de celle qui décrit une salle de lecture, la brosse-à-dents fichée dans le rouleau de papier hygiénique.

Laisser un commentaire