Le copier/coller des Présidences de Régions

 

Quel tintamarre autour des élections régionales !

Où sont la nouveauté, le changement d’air, la prise en compte des réalités françaises, européennes et mondiales ? A quand la réimpression des calicots agités lors des manifs, dont les slogans n’ont pas changé depuis Marx, Blum et Mollet ?

Les électeurs qui se sont déplacés en ont été réduits à rejouer un pâle remake des versions antérieures et à cliquer sur la touche copier puis sur coller.

Un rapide tour sur Internet du trombinoscope des présidents élus par les nouvelles assemblées de 21 régions de l’Hexagone permet de dégager des caractéristiques instructives.

La Corse et les DOM ont été laissés de côté, comme relevant de l’exotisme électoral et présentant de pittoresques singularités.

La Septimanie, nom d’usage : Languedoc-Roussillon, a été incluse dans ce paquet rose, mâtiné de vert, Frêche étant, génétiquement parlant, un bâtard socialiste.

Extrayons du lot l’Alsace, dont les électeurs n’ont pas eu le réflexe des moutons de Panurge. Et pourtant, elle présente d’intéressants spécificités : son président, Philippe Richert est la seule nouvelle tête de ce collège. D’autre part, né le 22 mai 1953, il en est le benjamin.

Reste donc une belle brochette de 20 présidents socialistes.

Deux femmes ont réussi féminiser à dose homéopathique le groupe : en Poitou-Charentes et en Franche-Comté. Parité, quand tu nous tiens…

Moyenne d’âge : 63,7 ans…

La plus « jeune » : Ségolène Royal (56 ans) qui bat de trois semaines François Bonneau ( Région Centre). Le doyen : Martin Malvy, un galopin de 74 automnes, qui précède Frêche, un autre septuagénaire.

Nouveaux féodaux, ces élus régionaux ? Oui, car certains mandats s’apparentent à des apanages ou à des bénéfices de l’Ancien Régime. Le chef-lieu de Région est un fief, et le chef de l’exécutif un fieffé permanent.

Six présidents, soit presque un tiers, occupent la « charge » depuis 1998.

A la fin du présent mandat, exceptionnellement réduit à quatre ans, ils totaliseront donc seize ans au compteur, soit un très beau kilométrage…qui peut encore s’augmenter, bien sûr, car le contrôle technique n’est pas obligatoire.

Citons ces indestructibles : Le Vern ( Haute-Normandie), Le Drian ( Bretagne), Huchon ( Ile-de-France), Rousset (Aquitaine), Malvy ( Midi-Pyrénées), Vauzelle ( Provence-Côte d’Azur).

Cinq ont pris le fauteuil présidentiel entre 2001 et 2008, à la faveur d’une démission ou d’un décès.

Neuf reconduisent  le bail signé en 2004.

6 + 5 + 9 = 20. Le compte est bon, sachant que la plupart cumulent, ou accumulent,  d’autres mandats ( municipaux, intercommunaux, départementaux, régionaux, européens).

Quant au profil professionnel de ces notables, il est résolument monochrome.

Un journaliste ( Malvy), un avocat ( Vauzelle) et un vétérinaire ( Patriat) sont des moutons noirs, car tous les autres sont des fonctionnaires et se sont, très tôt, enrôlés dans les sérails politiques et les appareils.

Remettez-moi une galette de vinyle, sur mon tourne-disque Teppaz, avec Douce France de Trenet ou Ma France de Ferrat !!!

Laisser un commentaire