LE VIDE² ( le vide au carré ou à la puissance 2 )

 

Hier soir, 6 novembre, aux infos sur A 2, l’annonce du châtiment à venir pour les péchés économiques mortels que nous commettons, à répétition, depuis des annnées.

Des images  pour illustrer le propos :  voitures officielles passant lentement sous le porche de l’Elysée,  silhouettes floues et noires, dont l’une a la carrure du Premier Ministre, aussi menaçante que celle de l’exécuteur des hautes œuvres. L’ombre portée de F , le Funèbre, plus terrifiante que celle de M, le Maudit.

Et alors ? Qu’apportent cette mobilisation de cameramen et cette invasion de nos rétines ? Délayage, redondance, remplissage, doublon, battologie,…

Alexandre Dumas, lorsque ses romans paraissaient en feuilletons, était payé à la ligne. D’où la pléthore de phrases courtes et d’exclamations. Il a fait école : ces  reportages   au kilomètre valent leur pesant de vent et de vacuité.

La radio n’est pas en reste de tranches de vies sensées donner du poids à la démonstration et affiner la pédagogie. Tout dernièrement, les reporters de France Inter, casques lourds sur la tête et gilets pare-balles enfilés, ,  se déplaçaient à Athènes pour coller à la crise  et se situer, au mépris de tous les dangers, sur le front des opérations monétaires.  Qu’apporte en densité l’interview de grecs parlant français, au pied de l’Acropole ? Quelle est la valeur ajoutée, en termes de qualité de l’information, de micro trottoirs sur les quais du Pirée ? Tout cela s’apparente à des décors en trompe l’oeil.

Dans la rubrique «  Je te remets une louche de réalisme », que dire d’une récente chronique sur les feux de forêt à La Réunion, dont, pour faire vrai et dramatique, le fond sonore était constitué par le vrombissement d’un bombardier d’eau ? Dans L’arroseur arrosé, des Frères Lumière, la séquence avait le mérite d’être muette. Elle y gagnait en véracité.

 

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