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En l’An de grâce 2010 après Jésus-Christ

Deux sources d’information :

Le Monde, du 19 juin 2010, d’abord, avec cette dépêche d’agence venant du pays des Mormons, l’Utah.

Souci de briéveté ? Ignorance ? L’auteur aurait pu faire référence au pavé écrit par Norman Mailer, en 1979, relatant le cas de Gilmore, auteur de deux meurtres, qui avait tenu mordicus à se faire fusiller. Le livre relate par le menu les faits, le procès, les péripéties de la procédure et l’exécution. Rien de changé depuis cette date.

L’édition des 22/23 mai du China Daily, un des quotidiens chinois en langue anglaise. Ce verdict fait mentir le fabuliste qui affirmait que selon que l’on est puissant ou misérable, les jugements de cours seront blancs ou noirs. Cet ancien chef de la police était accusé de corruption et d’abus sexuel sur une étudiante. Les pétards étaient de la fête.

La peine de mort : les Présidents Obama et Hu peuvent se livrer à des échanges de vues sur ce sujet.

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L’empreinte carbone de l’enfant unique

Empreinte_carbone-45556-8d146L’empreinte carbone de l’enfant unique

Existe-t-il, à l’image d’Airparif, un AirBeijing-if ?

Le long de quels rings sont installées les sondes et testeurs qui permettent de suivre la pollution et les microscopique particules qui viennent s’insinuer subrepticement dans les sinus, bronches et bronchioles des Pékinois ?

Il ne suffit pas, comme il fut édicté au moment des Jeux Olympiques, de casser le thermomètre, c’est-à-dire de fermer les unités polluantes situées à la périphérie de Beijing ni de réguler la circulation en fonction des numéros des plaques minéralogiques, pairs les jours pairs et impairs les autres.

Un souvenir personnel : celui de toux sèches, nocturnes, récurrentes et tenaces lorsque j’avais longtemps roulé en vélo dans les rues de Suzhou, au cours d’une séjour prolongé, il y a quelques années, sans nul doute imputables à la basse qualité de l’air que j’inhalais.

Depuis, la situation a empiré, liée à l’explosion industrielle et au développement de la circulation automobile ( à Beijing, 2000 véhicules supplémentaires par jour).

Le droit à polluer, tel que revendiqué par l’Empire, est la réponse du berger asiatique aux bergères européenne et américaine, qui ne s’en sont pas privées lors de leurs révolutions industrielles puis, pour nous, des Trente Glorieuses.

« Comment voulez-vous que nous émergions et que nous vous approvisonnions en produits de tous ordres si vous nous mettez des bâtons dans les roues et, tel un pur-sang trop doué, nous infligez un handicap insurmontable ? » Tel est , à peu près, le langage tenu par le Gouvernement chinois.

Je m’étonne que d’autres arguments n’aient pas été avancé par Pékin pour contrecarrer les critiques : celui de l’enfant unique et des bénéfices environnementaux que cette politique a générés pour la planète.

A ma connaissance, un seul gouvernement a su imposer et faire respecter ces dispositions natalistes d’un type particulier, que Malthus n’aurait pas désavouées.

La mesure date de 1970 et des Quatre Modernisations. Assortie de pénalités pour les couples qui l’enfreignaient, avec des exceptions prévues pour les minorités, puis quelques assouplissements, elle est toujours en vigueur et a joué un rôle décisif dans l’inflexion de la démographie chinoise.

Quel serait l’état de la planète si Deng Xiao Ping n’avait pas édicté une telle mesure ?

Combien serions- nous à piétiner le globe ? Aux démographes de calculer, ex post, le nombre de bipèdes supplémentaires et aux économistes de simuler leurs besoins alimentaires, les pressions exercées sur l’environnement et les pollutions subséquentes.

Si la natalité a été gérée comme un facteur de développement et si sa maîtrise a contribué à l’enrichissement de la Chine, que dire néanmoins de la face sombre de cette politique ?

Dans un milieu pêtri de traditions confucéennes, quelle n’a pas été la souffrance psychologique de parents soumis à un tel diktat qui rompait en visière avec des siècles de familles nombreuses et de descendants mâles chargés de rendre hommages aux esprits des ancêtres !

A ce jour, combien de couples m’ont dit leur tristesse de se limiter à un enfant, alors qu’ils désirent en avoir deux ou trois.

Aux bénéfices environnementaux , il importerait donc d’ajouter ce pretium doloris, à valoriser par des actuaires.

La somme de ces ceux éléments serait alors à porter au crédit du compte « environnement » de la Chine afin de prendre en compte la globalité du problème et ses exactes dimensions, au delà d’une aune eurocentrée et d’unvert trop vif.

Malthus et l’Empire du Milieu, où les sommes à porter au crédit environnemental de la Chine

CONFUCIUS ET LE COUTEAU DE BOUCHER

Une collaboratrice de l’Université de Perpignan a été tuée par un étudiant chinois, armé d’un long couteau. Un psychiatre a reconnu son irresponsabilité au moment où les faits ont été commis.

J’ignore tout du contexte de ce drame, mais mon expérience d’ancien professeur à l’Université de Suzhou (Jiangsu) et une assez bonne connaissance des conditions dans lesquelles les étudiants chinois conduisent leurs cursus universitaires en France me conduit à analyser certaine composantes de leur situation , d’autant que des faits divers récents – le cas d’espionnage industriel par une étudiante de l’IUT de Compiègne, les « diplômes »

délivrés par un département de l’université de Toulon – alimentent régulièrement les chroniques et donnent libre cours aux fantasmes.

1/ A l’inverse de leurs collègues en provenance d’Etats lointains, la plupart des étudiants chinois sont issus de familles peu fortunées qui se sont endettées pour financer cette coûteuse expatriation, même si le montant global de l’investisement « formation universitaire » en France reste largement en deça de ce que demandent nos voisins européens.

D’où l’énorme pression à laquelle sont soumis ces étudiants, porteurs de l’honneur et des ambitions du groupe familial, condamnés à la conquête, à tout prix, de la peau d’âne qui leur vaudra gloire et profits au retour au pays. L’échec est inconcevable.

2/ Avant l’inscription et la délivrance du visa, le niveau de maîtrise de la langue française a, normalement, été validé.

En fait, de multiples trous existent dans ce dispositif, ce qui permet de passer à travers les mailles du filet et de se retrouver, ensuite, devant d’insurmontables difficultés de compréhension et d’expression, notamment pour l’écrit.

Conséquences : d’interminables et épuisants apprentissages, par coeur, de bibliographies non assimilées et le recours massif au « copier-coller ».

Ce système ne peut d’ailleurs perdurer qu’avec la complicité de certains professeurs, arborant leur multiculturalité comme Monsieur Prud’homme son sabre, désireux de gonfler les effectifs de leur département, mésusant de leurs pouvoirs et, au final, surcotant ces étudiants.

La plupart du temps, les travaux sont indigents dans le fond et charabiesques dans la forme.

3/ Autant l’accès à des disciplines scientifiques n’est pas insurmontable, autant l’inscription dans des secteurs tels que le droit, les sciences humaines, la littérature,…doit être réservée à des candidats qui maîtrisent parfaitement l’expression orale et écrite mais aussi l’arrière-plan culturel et les modes de raisonnement et d’argumentation. ( Une incidente : la traduction en coréen ,dite définitive, de l’Ulysse de Joyce, par le professeur KIM Chong-keon contient 3.379 notes en bas de page…).

Les grandes écoles , quant à elles, ont des modes de sélection bien adaptés et, une fois l’étudiant en place, l’encadrent et le suivent, conscientes de leur obligation de résultat.

Ailleurs, celui-ci est laissé dans une insupportable solitude et à sa déréliction