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PLUIE DE MEDAILLES D’OR !!

L’averse ne vient pas de BERLIN ;

Et pourtant !

Avec un membre de l’équipe dénommé Pognon, ça laissait bien augurer d’une ample moisson.

Hélas, le susdit n’est pas la poule aux oeufs d’or et ne s’est guère envolé sur le tartan.

La récolte s’effectue sur d’autres terrains que les pistes.

L’OCDE, équivalent du CIO pour l’économie, nous attribue deux de ces fameuses médailles.

De tous les pays riches, nous sommes ceux qui passent le plus de temps attablés, la serviette au cou: 130 minutes quotidiennement, alors que les anglais expédient leur pitance en 80 minutes.

Pour le temps passé au lit, la même distinction récompense les 8 heures 50 par jour que nous y passons.  Battus les espagnols !

Troisième et dernière médaille, elle aussi aurifiée, consacrant le temps de travail annuel.

UBS, la banque qui ne garde pas au secret ses études économiques, souligne que parmi 73 villes analysées, LYON ( 1582 heures ) et PARIS ( 1594 heures ) sont les endroits où l’on travaille le moins longtemps.

Enfoncés les  besogneux coréens qui alignent 2312 heures.

Cocorico !

La bourde de Cingria

Dieu sait qu’il est pointilleux, latiniste, helléniste, médiéviste et suisse de surcroît, mais quelle mouche tsé-tsé l’a piqué et a endormi son attention le jour où, passant Place Saint-Sulpice et recensant dans Bois sec bois vert,  les dommages que les pigeons  «  violets et violents » causent aux statues de la fontaine des prédicateurs, « qui grincent et crépitent  sous leurs griffes », il a remplacé, sculpteur amateur, Fénelon par Bourdaloue ?

Cherchons l’erreur !

Gardée par quatre lions belliqueux, la fontaine crache ses eaux à partir de 10 heures ; elle est surmontée par quatre statues en pierre, immortalisant de célèbres voix, qui du haut d’une chaire, ont déversé leur éloquence sermonnante sur des têtes louis-quatorzièmes, royales, nobles ou serves.

Le quatuor est assis, chacun tourné vers un point cardinal, solidement drapé dans des vêtements de travail, au plissé et au tombé soigneusement étudiés, portant chaussures à bouts carrés.

Regardant le nord, l’évêque de Meaux, Jacques Bénigne Bossuet, qui déclama les mots des fins dernières pour Henriette d’Angleterre. Il maintient des deux mains un majestueux in-folio, légèrement incliné, dont la tranche est posée sur sa cuisse droite. A croire que le sculpteur Visconti s’est inspiré du Moïse, de Michel-Ange, coinçant sous son coude droit les deux plaques sur lesquelles sont gravée les Dix Commandements.

Au sud, Massillon, l’évêque de Clermont, officia pour les obsèques de Louis XIV. Il tient, lui aussi, une solide volume.

Fléchier, de service pour Turenne et Marie-Thérèse d’Autriche, occupe l’ouest. Figé dans la posture d’un discuteur, la main droite levée à hauteur du menton,

Reste l’est, point cardinal principal, là où le soleil se lève.

Fénelon y siège, seul archevêque du quatuor, à Cambray, à droite de Bossuet, dont il fut le protégé, auteur de Fables et des Aventures de Télémaque. Il fait  pensivement face à l’entrée de l’église. La plume d’oie à la main, il consigne par écrit ce qu’il va dire tout à l’heure.

De Bourdaloue, point.

Alors, Charles-Albert Cingria ? Trou de mémoire ? Acte manqué ?

Bien sûr, Bourdaloue fut une des prédicateurs les plus suivis au XVIIème siècle : il n’hésitait pas à fustiger les pêcheurs, tels que Pascal ou Molière, dans des portraits à clés, mais  qu’expie Fénelon, extradé, banni  et jugé indigne de figurer dans ce panthéon de pierre ?

De quelle félonerie se serait-il rendu coupable aux yeux de Cingria ?

Serait-ce d’avoir écrit un Traité sur l’éducation des filles et la Lettre sur les occupations de l’Académie française? Ou bien, le quiétisme de Madame Guyon, dont il fut proche, sent-il le fagot ?

A moins que le roturier Cingria ne se soit offusqué des ramifications nobiliaires de son patronyme : de Salignac de La  Mothe Fénelon.

Mais l’erreur est patente.

Certes, sous Staline, sévissait le révisionnisme photographique : au fil des purges, les dignitaires déchus disparaissaient, gommés et caviardés, des tribunes et des iconographies, à chaque réédition des ouvrages.  Mais comparaison n’est pas raison.

A quand un erratum formulé par les ayants droit de C.A. Cingria, avant que ceux de Fénelon ne demandent réparation  ?